Valodia n'aime pas la neige
Moi, je sais par avance quand Vladimir Poutine doit venir en visite à Saint-Pétersbourg. Il y vient souvent et, même si cette visite n’est pas annoncée par les médias, je connais un moyen infaillible de l’apprendre : dans la nuit précédent son arrivée, les longues et larges avenues que sa voiture emprunte régulièrement sont « déneigées ». Dans un premier temps, tous les véhicules se trouvant en stationnement sont enlevés, sans préavis, par une armée de camions-grues spécialement équipés pour ce genre d’opération. Ensuite, entre en piste un nombre non moins considérable de bulldozers, tracto-pelles, camions-bennes, balayeuses qui font disparaître toute trace de neige et de verglas sur la chaussée et sur les trottoirs. Des dizaines de tonnes de neige sont ainsi chargés dans les camions pour être déversées dans un autre endroit. C’est assez impressionnant de voir ces grandes avenues dépourvues de toute trace de neige alors que les rues environnantes sont recouvertes d’un épais tapis blanc.

Voilà pourquoi et comment j’en ai déduit que Vladimir, le Président de « toutes les Russies » n’aime pas la neige. Il aurait pu naître au Guatemala ou au Sénégal, pays s’il en est, rarement ou peu enneigés. Non ! il a fallu qu’il naisse à Saint-Pétersbourg. Il y a quand-même des gens qui n’ont pas de chance dans leur vie…En outre, deuxième malchance, le destin l’a conduit à devenir Président de la Russie. Parfois, on ne sait pourquoi le destin s’acharne sur vous. Certains affirment que, telle Jeanne d’Arc, le petit Valodia aurait entendu des voix lui indiquant la route à suivre pour délivrer la Russie de ces maudits anglais (là, je sens que je m’égare un peu mais le lecteur rétablira de lui-même ce à quoi je veux faire allusion. Je dois prochainement demander la prolongation de mon visa, c’est pourquoi j’utilise souvent des métaphores).

S’il est vrai que Valodia n’aime pas la neige, il est aussi vrai que la neige semble ne pas aimer Valodia car, cela vient de se produire par deux fois consécutivement – c’est quand même un signe fort du destin : à peine les travaux de déneigement terminés pour offrir des avenues impeccables au Président, qu’est survenu un « metiel » (une violente tempête de neige). En quelques dizaines de minutes toutes les chaussées ont été de nouveau recouvertes de neige, réduisant à néant les titanesques travaux de déneigement entrepris.  Tu vois Valodia, faut pas trop forcer le destin…!

Saint-Pétersbourg le 18-02-2004