Communalny slujby et ISF.

Contrairement à ce que l’on peut parfois lire dans certains journaux, les occupants des appartements en Russie payent chaque mois, individuellement, leur abonnement téléphonique et de fourniture d’électricité. En outre, proportionnellement à la surface habitable, ils doivent payer d’innombrables frais et charges d’entretien, de chauffage, de fonctionnements et impôts divers.. Ce sont les «services communs». Les prix de ces services ont tellement progressé que beaucoup de personnes de «condition modeste» - en clair les pauvres - ne peuvent plus payer ces «communalny slujby». Par je ne sais quelle alchimie financière, plus la Russie s’enrichit, plus il y a de pauvres ! Marx aurait-il eut raison avant Marie-George Buffet ?

En France également, les personnes riches qui ne «peuvent» pas payer l’impôt sur la fortune sont bien à plaindre. Rien de plus insupportable que de devenir riche malgré soi. La pauvreté, c’est la même chose. Mais les riches «malgré eux» ont toujours la possibilité de s’expatrier à Miami, à Los-Angeles, aux Bahamas ou dans les îles «crocodile ». Certains téméraires vont jusqu’à s’expatrier en Chine, temple du socialisme devenu - ô paradoxe ! - paradis des nouveaux capitalistes. Cependant, à n’en pas douter, les Russes pauvres, pour se soustraire au paiement insupportable des «services communs», ne possèdent pas de telles possibilités et ainsi, de mois en mois, leur dette augmente à tel point qu’ils n’osent plus regarder le chiffre mentionné au bas des avis de relance. Dans la rue, ils frôlent les murs.

Aussi, pour contraindre ces mauvais payeurs à rendre gorge, on a remis en vigueur «l’affichage public ». C’est un truc génial qui date du Moyen Age. C’est très simple et radical : aux yeux de tous, sur les portes des immeubles, on affiche dorénavant la listes des occupants qui ont des arriérés de paiement de «communalny slujby ». Les noms et adresses, les dates et montants des sommes dues y sont soulignés. C’est simple mais il fallait y penser. En Russie, non seulement on a du pétrole mais on a aussi des idées dont le caractère humaniste n’échappe à personne...

Transposons ce système génial en France, sachant que chaque année, plusieurs centaines de familles s’expatrient pour ne pas payer l’ISF (Impôt de Solidarité sur la Fortune). S’ils le voulaient – mais en ont-ils vraiment la volonté ? – les pouvoirs publics français pourraient dorénavant mettre ces personnes à l’index en affichant le montant de leur fortune soumise à l’ISF sur les portes des immeubles du 16ème arrondissement, de Neuilly et autres lieux de misère. Sans manquer de leur rappeler que dans cette dénomination il y a « S » pour «Solidarité ».

J’espère que sur ma prochaine feuille d’impôt, le Fisc français saura me tenir gré de cette proposition en m’accordant une substantielle réduction afin d’éviter de trouver prochainement mon nom affiché sur le portail de ma villa sur l’île de Ré.

Saint-Pétersbourg le 23 septembre 2005