Le trolleybus chauffé
Ce matin, en montant dans le trolleybus - qui est, comme vous le savez désormais, mon moyen de locomotion favori - pour me rendre à la bibliothèque, j'éprouvais une étrange et indéfinissable sensation. A l'extérieur : - 18°, ce qui, en c et endroit du monde, est tout à fait normal en février. Un coup d'œil à droite sur la flèche dorée de l'Amirauté; un coup d'œil à gauche sur l'Ermitage; un regard en face vers la Neva immobilisée par quarante centimètres de glace : tout est normal et pourtant !… J'observe les visages impénétrables des autres passagers.

Soudain je comprends ! Il fait chaud dans ce trolley, le chauffage fonctionne ! Voilà pourquoi je peux si bien apercevoir la ville à travers les glaces habituellement recouvertes de givres. C'est la première fois depuis de nombreuses années que j’ai chaud en hiver dans un trolleybus. J'étais tellement habitué à " me les geler" que je ne pensais pas que cela pourrait un jour arriver.

En temps normal, lorsqu'il fait - 15° à l'extérieur, la température est de -5° dans les trolleybus. Vous me direz qu'avec le chauffage le voyage est plus "confortable". Je vous répondrai "oui et non" car sans le chauffage la transition est moins rude lorsque vous sortez dans la rue, vous ne risquez pas d'attraper un chaud et froid. Alors qu'avec un trolleybus chauffé, c'est la rhino-pharingite assurée !

Qui a dit que les Français étaient d'éternels râleurs ?

Saint-Pétersbourg. 14/02/2002