• Menu général
  • Enfants de guerre
  • Rancune américaine
  • Petit soldat russe
  • Milice policée
  • Police et armée
  • Napoléon 1
  • Napoléon 2
  • Normandie-Niemen 1
  • Normandie-Niemen 2
  • Radiateurs volants
  • Rancune américaine
  • Soviet de Kronstadt
  • Jour de la Victoire
  • La Commune de Paris en 1871 - La Commune de Kronstadt en 1921
    Les Trotskistes n'aiment pas qu'on leur rappelle l'épisode de KRONSTADT, ville-port militaire située au large de Saint-Pétersbourg dans le golfe de Finlande. Pour la bonne raison que l’élimination du premier soviet opposé au parti communiste a été organisé et conduit par Léon Trotsky. Les communistes également, et leur mémoire courte, préfèrent oublier les aspects gênants des positions passées de leur parti. Pour cette raison, ils s’emploient à gommer les crimes du passé qu’ils ont couvert par des campagnes de désinformation. Gommer les faits de la mémoire populaire afin de réécrire l’Histoire à leur manière – non comme elle s'est déroulée mais comme ils voudraient qu’elle soit perçue par les générations suivantes.

    En mai 1871, la réaction versaillaise écrasait dans le sang la Commune de Paris et déportait les survivants loin de la France. La bourgeoisie apeurée ne pouvait supporter cet exemple d’un pouvoir démocratique et ouvrier dont les institutions émanaient directement du peuple. 50 années plus tard, en mars 1921, les communistes au pouvoir, écrasaient dans le sang la commune de Kronstadt et envoyait les familles survivantes mourir en Sibérie.

    Oui aux soviets libres ! Non au parti communiste !

    Les marins ouvriers et soldats de Kronstadt, réclamaient des "Soviets libres", dégagés de la tutelle du parti communiste bolchévique.(1) Déjà, en janvier 1921, 5000 marins avaient pris la décision de quitter le parti communiste. Il fallait beaucoup de courage à cette époque pour oser le faire. En réponse, le 17 mars 1921, l’Armée rouge, ayant pour chef Trotski, (2) bombardait les forts de l’ile de Kronstadt. Le lendemain, ce sont des avions de l’Armée rouge qui bombarderont la population civile. Plus tard, Trotski lancera la cavalerie et les troupes à pied à travers la mer gelée du golfe de Finlande pour atteindre l’ile située à 15 km de Pétrograd.

    Le 11 mars 1921, Les Izvestia, journal du Comité révolutionnaire provisoire des Matelots, Soldats et Ouvriers de la ville de Kronstadt avait écrit : "Nous avons lancé un appel à tous les travailleurs de Russie afin qu'ils luttent pour des soviets librement élus. Notre cri a été entendu. Déjà, les matelots, soldats et ouvriers révolutionnaires de Petrograd viennent nous prêter main-forte." Un comité révolutionnaire présidé par Petritchenko prend le commandement de la ville. Cette «Commune» durera seize jours.


    Texte en 15 points adopté par les révoltés le 1er mars 1921 - connus sous le nom de “Résolution de Petropavlovsk”.

    I. Réélections aux soviets avec vote secret précédés d'une libre propagande électorale pour tous les ouvriers et paysans, vu que les soviets actuels n'expriment pas la volonté des ouvriers et des paysans ;

    II. Accorder la liberté de parole et de la presse pour les ouvriers et les paysans, pour les anarchistes et les partis socialistes de gauche ;

    III. Liberté de réunion et la liberté d’association aux organisations syndicales et paysannes ;

    IV. Organisation pour le 10 mars 1921 au plus tard, d'une conférence des ouvriers, soldats rouges et matelots de Pétrograd, de Kronstadt et du district de Pétrograd ;

    V. Libération de tous les prisonniers politiques appartenant aux partis socialistes, ainsi que tous les ouvriers et paysans, soldats rouges et marins emprisonnés pour des faits en rapport avec des mouvements ouvriers et paysans ;

    VI. Élection d'une commission pour la révision des cas des détenus dans les prisons ou les camps de concentration ;

    VII. Suppression de tous les «Политодели» (structures du parti communiste à l’intérieur des administrations), car aucun parti ne peut avoir de privilèges pour la propagande de ses idées ni recevoir de l'État des ressources dans ce but. A leur place, doivent être créés des commissions élues, auxquelles les ressources doivent être fournies par l'Etat.

    VIII. Suppression immédiate tous les «заградителние отрияди» (sections spéciales de policiers sensés lutter contre le marché noir mais qui, en fait, en profitait pour confisquer les biens à leurs profits personnels) ;

    IX. Fournir, à tous les travailleurs une ration égale, à l'exception de ceux des métiers insalubres qui pourront avoir une ration supérieure ;

    X. Supprimer les détachements de combat communistes dans toutes les unités militaires, et faire disparaitre dans les usines et fabriques le service de garde effectué par les communistes. Pour les besoins de détachements de combat, les désigner par compagnie dans chaque unité militaire. Dans les usines et fabriques, les services de garde doivent être établis conformément à l'avis des ouvriers ;

    XI. Donner aux paysans le droit de travailler leurs terres comme ils le désirent, ainsi que celui d'avoir du bétail, cela par leur propre travail, sans aucun emploi de travail salarié ;

    XII. Appeler toutes les unités militaires ainsi que les camarades « курсанти» (élèves officiers) de s'associer à cette résolution ;

    XIII. Exiger qu'on donne dans la presse une large publicité à toutes les résolutions ;

    XIV. Désigner un bureau mobile de contrôle ;

    XV. Autoriser la production artisanale libre, sans emploi de travail salarié.

    (1) Depuis le congrès de 1905, on écrit parti communiste “bolchévique” (большевик) - c’est à dire “majoritaire”- pour le différencier de son courant minoritaire “menchévique” (меншевик). Dans les ouvrages soviétiques, la lettre Б succédant au titre venait systématiquement établir la différenciation. La plupart des dirigeants du courant minoritaire ( la “clique de traitres Kamenev-Zinoviev” comme écrivait alors l’Humanité), a été fusillée sur ordre de Staline dans les années 30. Ce qui, reconnaissons-le, est une méthode absolument incontestable pour conserver une majorité....

    2) En fait, l'assaut et le carnage qui s'ensuivirent étaient commandés par Toukhatchevski, jeune officier tsariste passé du côté de la révolution et devenu membre du parti bolchevique. Officier brillant, trop certainement, qui de plus avait une claire perception du danger que représentait le fascisme allemand. Dans le années 30, Staline, d'un avis bien différent, fit taire ceux qui s'opposaient au raprochement avec Hitler. Ces hommes clairvoyants ont donc été fusillés en 1937, y compris Toukhatchevski, y compris Kamenev et Zinoviev. Rappelons que sous Staline, les dirigeants politiques et officiers qui dénonçaient le fascisme allemand étaient catalogués de "traitres". A ce titre, ils étaient condamnés à mort..