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La Commune de Paris en 1871 - La Commune de Kronstadt en 1921

Les Trotskistes n'aiment pas beaucoup qu'on leur rappelle l'épisode de KRONSTADT, ville-port militaire située au large de Saint-Pétersbourg dans le golfe de Finlande. Pour la bonne raison que l’assassinat du premier soviet libre opposé au parti communiste a été organisé et conduit par leur idole Léon Trotsky. Les communistes également, et leur mémoire courte, préfèrent toujours oublier les aspects gênants des positions passées de leurs partis. Pour cette raison, ils s’emploient à gommer des livres d’histoire les crimes dont ils se sont rendus coupables et ceux qu’ils ont couvert par des campagnes de désinformation. Gommer les faits pour tenter de les effacer de la mémoire populaire afin de réécrire l’Histoire à leur manière – non comme elle s'est déroulée mais comme ils voudraient qu’elle soit perçue par les nouvelles générations.

En Mai 1871, la réaction versaillaise écrasait dans le sang la Commune de Paris et déportait les survivants loin de la France. La bourgeoisie apeurée ne pouvait supporter cet exemple d’un pouvoir démocratique et ouvrier dont les institutions émanaient directement du peuple travailleur. 50 années plus tard, en mars 1921, la dictature communiste arrivée au pouvoir avec le coup d’Etat d’octobre 1917 (coup d’Etat et non pas révolution), écrasait dans le sang la commune de Kronstadt et envoyait les familles survivantes mourir de faim et de froid en Sibérie. La nouvelle bourgeoisie communiste, elle aussi, ne pouvait supporter cet exemple d’un soviet libre et démocratique s’opposant au pouvoir des commissaires politiques mis en place par Lénine et Trotsky.

Oui aux soviets libres ! Non au parti communiste !

Les marins ouvriers et soldats de Kronstadt, réclamaient des "Soviets libres", dégagés de la tutelle politique du parti communiste bolchévique.(1) Déjà, en janvier 1921, 5000 marins avaient pris la décision de quitter le parti communiste. Il fallait beaucoup de courage à cette époque pour oser le faire.

Le 17 mars 1921, l’Armée rouge, ayant pour chef Trotski, (2) bombarde les forts situés sur l’ile de Kronstadt. Le lendemain, ce sont des avions de l’Armée rouge qui bombarderont la population civile. Plus tard, Trotski lancera la cavalerie et les troupes à pied à travers la mer gelée du golfe de Finlande pour atteindre l’ile située à 15 km de Pétrograd.

Le 11 mars 1921, Les Izvestia, journal du Comité révolutionnaire provisoire des Matelots, Soldats et Ouvriers de la ville de Kronstadt écrit: "Nous avons lancé un appel à tous les travailleurs de Russie afin qu'ils luttent pour des soviets librement élus. Notre cri a été entendu. Déjà, les matelots, soldats rouges et ouvriers révolutionnaires de Petrograd viennent nous prêter main-forte." Un comité révolutionnaire présidé par Petritchenko prend le commandement de la ville. Cette «Commune» va durer seize jours.


Texte en 15 points adopté par les révoltés le 1er mars 1921 - connus sous le nom de “Résolution de Petropavlovsk”. réélections aux soviets avec vote secret et en ayant soin d'organiser une libre propagande électorale pour tous les ouvriers et paysans, vu que les soviets actuels n'expriment pas la volonté des ouvriers et des paysans ;

II. Accorder la liberté de parole et de la presse pour les ouvriers et les paysans, pour les anarchistes et les partis socialistes de gauche ;

III. Donner la liberté de réunion et la liberté d’association aux organisations syndicales et paysannes ;

IV. Organiser, pour le 10 mars 1921 au plus tard, une conférence sans-parti des ouvriers, soldats rouges et matelots de Pétrograd, de Kronstadt et du district de Pétrograd ;

V. Libérer tous les prisonniers politiques appartenant aux partis socialistes, ainsi que tous les ouvriers et paysans, soldats rouges et marins emprisonnés pour des faits en rapport avec des mouvements ouvriers et paysans ;

VI. Élire une commission pour la révision des cas de ceux qui sont détenus dans les prisons ou les camps de concentration ;

VII. Supprimer tous les «Политодели» (structures du parti communiste à l’intérieur des administrations), car aucun parti ne peut avoir de privilèges pour la propagande de ses idées ni recevoir de l'État des ressources dans ce but. A leur place, il doit être créé des commissions culturelles élues, auxquelles les ressources doivent être fournies par l'Etat.

VIII. Supprimer immédiatement tous les «заградителние отрияди» (sections spéciales de policiers senses lutter contre le marché noir mais qui, en fait, en profitait pour confisquer les biens à leurs profits personnels) ;

IX. Fournir, à tous les travailleurs une ration égale, à l'exception de ceux des métiers insalubres qui pourront avoir une ration supérieure ;

X. Supprimer les détachements de combat communistes dans toutes les unités militaires, et faire disparaitre dans les usines et fabriques le service de garde effectué par les communistes. Si on a besoin de détachements de combat, les désigner par compagnie dans chaque unité militaire ; dans les usines et fabriques les services de garde doivent être établis conformément à l'avis des ouvriers ;

XI. Donner aux paysans le droit de travailler leurs terres comme ils le désirent, ainsi que celui d'avoir du bétail, mais tout cela par leur propre travail, sans aucun emploi de travail salarié ;

XII. Demander à toutes les unités militaires ainsi qu'aux camarades « курсанти» (élèves officiers) de s'associer à cette résolution ;

XIII. Exiger qu'on donne dans la presse une large publicité à toutes les résolutions ;

XIV. Désigner un bureau mobile de contrôle ;

XV. Autoriser la production artisanale libre, sans emploi de travail salarié.

Prenant connaissance de ces “revendications”, chacun remarquera que, 90 ans après, la plupart ne sont toujours pas satisfaites. Tout laisse à penser que ce n’est pas demain la veille….

(1) Depuis le congrès de 1905, on écrit parti communiste “bolchevique” (большевик) - c’est à dire “majoritaire”- pour le différencier de son courant minoritaire “menchévique” (меншевик). Dans les ouvrages soviétiques, la lettre Б succédant au titre venait systématiquement établir la différenciation. La plupart des dirigeants du courant minoritaire ( la “clique de traitres Kamenev-Zinoviev” comme écrivait alors l’Humanité), a ete fusillée sur ordre de Staline dans les années 30. Ce qui, reconnaissons-le, est une méthode absolument incontestable pour conserver une majorité composée d'assassins.

2) En fait, l'assaut et le carnage qui s'ensuivirent étaient commandés par Toukhatchevski, jeune officier tsariste passé du côté de la révolution et devenu membre du parti bolchevique. Officier brillant, trop certainement, qui de plus avait une claire perception du danger que représentait le nazisme allemand. Dans le années 30, Staline, d'un avis bien différent, fit taire ceux qui s'opposaient au raprochement avec Hitler. Ces hommes clairvoyants ont donc été fusillés en 1937, y compris Toukhatchevski, y compris Kamenev et Zinoviev. Rappelons que sous Staline, les dirigeants politiques et officiers qui dénonçaient le fascisme allemand étaient catalogués de "traitres". A ce titre, ils étaient condamnés à mort.

des ressources dans ce but. A leur place, il doit être créé des commissions culturelles élues, auxquelles les ressources doivent être fournies par l'Etat.

VIII. Supprimer immédiatement tous les «заградителние отрияди» (sections spéciales de policiers senses lutter contre le marché noir mais qui, en fait, en profitait pour confisquer les biens à leurs profits personnels) ;

IX. Fournir, à tous les travailleurs une ration égale, à l'exception de ceux des métiers insalubres qui pourront avoir une ration supérieure ;

X. Supprimer les détachements de combat communistes dans toutes les unités militaires, et faire disparaitre dans les usines et fabriques le service de garde effectué par les communistes. Si on a besoin de détachements de combat, les désigner par compagnie dans chaque unité militaire ; dans les usines et fabriques les services de garde doivent être établis conformément à l'avis des ouvriers ;

XI. Donner aux paysans le droit de travailler leurs terres comme ils le désirent, ainsi que celui d'avoir du bétail, mais tout cela par leur propre travail, sans aucun emploi de travail salarié ;

XII. Demander à toutes les unités militaires ainsi qu'aux camarades « курсанти» (élèves officiers) de s'associer à cette résolution ;

XIII. Exiger qu'on donne dans la presse une large publicité à toutes les résolutions ;

XIV. Désigner un bureau mobile de contrôle ;

XV. Autoriser la production artisanale libre, sans emploi de travail salarié.

Prenant connaissance de ces “revendications”, chacun remarquera que, 90 ans après, la plupart ne sont toujours pas satisfaites. Tout laisse à penser que ce n’est pas demain la veille….

(1) Depuis le congrès de 1905, on écrit parti communiste “bolchevique” (большевик) - c’est à dire “majoritaire”- pour le différencier de son courant minoritaire “menchévique” (меншевик). Dans les ouvrages soviétiques, la lettre Б succédant au titre venait systématiquement établir la différenciation. La plupart des dirigeants du courant minoritaire ( la “clique de traitres Kamenev-Zinoviev” comme écrivait alors l’Humanité), a ete fusillée sur ordre de Staline dans les années 30. Ce qui, reconnaissons-le, est une méthode absolument incontestable pour conserver une majorité composée d'assassins.

2) En fait, l'assaut et le carnage qui s'ensuivirent étaient commandés par Toukhatchevski, jeune officier tsariste passé du côté de la révolution et devenu membre du parti bolchevique. Officier brillant, trop certainement, qui de plus avait une claire perception du danger que représentait le nazisme allemand. Dans le années 30, Staline, d'un avis bien différent, fit taire ceux qui s'opposaient au raprochement avec Hitler. Ces hommes clairvoyants ont donc été fusillés en 1937, y compris Toukhatchevski, y compris Kamenev et Zinoviev. Rappelons que sous Staline, les dirigeants politiques et officiers qui dénonçaient le fascisme allemand étaient catalogués de "traitres". étaient condamnés à mort.